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ALLAITEMENT: Comment protéger son dos et favoriser les échanges

il y a 2 jours
8 min de lecture

Positions d’allaitement : comment s’installer confortablement avec son bébé ?

Les premières semaines, un bébé peut téter de nombreuses fois par jour. Additionnées les unes aux autres, ces tétées représentent plusieurs heures passées chaque jour dans des positions parfois très statiques.

Une installation légèrement inconfortable pendant dix minutes peut sembler anodine. Répétée plusieurs fois par jour, elle peut pourtant favoriser des tensions dans la nuque, entre les omoplates, dans les épaules, les bras ou le bas du dos.

Mais protéger son dos ne signifie pas chercher à se tenir parfaitement droite.

L’enjeu est plutôt de trouver une installation suffisamment soutenue pour que la mère n’ait pas à maintenir son corps ni le poids de son bébé en permanence.

Et ce confort a un autre intérêt : lorsque le corps n’est plus occupé à « tenir la position », il devient plus facile de porter son attention sur son bébé, son regard, sa respiration, ses mouvements et ses réactions.

Protéger son dos et favoriser les échanges reposent donc en grande partie sur le même principe : trouver une position qui laisse de la disponibilité au corps et à la relation.

Il n’existe pas une seule « bonne » position d’allaitement

Madone, Madone inversée, position semi-allongée, ballon de rugby, allaitement allongé sur le côté…

Il n’existe pas une posture unique qu’il faudrait reproduire parfaitement.

L’OMS rappelle que la mère peut allaiter assise ou allongée et insiste surtout sur quelques principes simples : la mère doit être confortable, le bébé proche d’elle, son corps soutenu et sa tête dans l’axe du tronc.

La meilleure position est donc avant tout celle dans laquelle la mère et son bébé peuvent rester confortables et s’adapter l’un à l’autre. Cette position peut changer au cours de la journée, au fil des semaines et avec la croissance du bébé.

La première règle : installer la mère avant d’installer le bébé

C’est probablement le point le plus important.

Très souvent, le bébé est placé au sein en premier. Puis la mère adapte son corps autour de lui : elle se penche légèrement, avance la tête, remonte une épaule, soutient le poids du bébé avec son bras et reste ainsi jusqu’à la fin de la tétée.

Il est plus confortable de procéder dans l’ordre inverse.

1. Installez-vous

Cherchez d’abord vos propres appuis. Votre bassin est-il posé confortablement ? Votre dos peut-il s’appuyer ? Vos pieds sont-ils stables ? Vos épaules peuvent-elles se relâcher ?

2. Puis rapprochez votre bébé

Une fois votre corps installé, amenez le bébé jusqu’au sein plutôt que d’amener votre corps vers le bébé.

L’OMS recommande notamment que le dos de la mère soit soutenu lorsqu’elle allaite assise et qu’elle puisse placer son bébé au sein sans avoir à se pencher vers l’avant. Cette différence paraît minime. Sur plusieurs heures d’allaitement quotidien, elle ne l’est pas.

Le principe à retenir

Ce n’est pas le sein qui va vers le bébé. C’est le bébé qui vient vers le sein.

Au moment de la mise au sein, il est fréquent de s’avancer légèrement. Le problème apparaît lorsque cette position est conservée pendant toute la tétée.

Progressivement, la tête reste inclinée vers l’avant, les épaules s’enroulent, le haut du dos travaille et les muscles cervicaux maintiennent le poids de la tête.

Une fois votre bébé installé, revenez vers votre dossier ou vos coussins et demandez-vous : « Puis-je relâcher mon corps sans que mon bébé perde sa position ? »

Si la réponse est non, il manque probablement un appui.

Du côté de bébé : proximité, alignement et liberté

Quelle que soit la position choisie, quelques repères restent utiles. Le bébé est :

  • proche du corps de sa mère ;

  • tourné vers elle ;

  • soutenu sur l’ensemble de son corps ;

  • avec la tête et le tronc globalement alignés.

Sa tête ne devrait donc pas devoir tourner fortement pour atteindre le sein. Elle doit conserver une petite liberté de mouvement, notamment pour s’orienter et s’incliner légèrement vers l’arrière.

Soutenir un bébé ne signifie pas l’immobiliser. Il doit pouvoir effectuer de petits ajustements de tête et de corps pendant la tétée.

Cinq positions, un même principe

1. La position semi-allongée : utiliser son propre corps comme support

Dans cette position, parfois appelée position « transat » ou laid-back breastfeeding, la mère est installée en arrière, le dos et la tête soutenus. Le bébé repose contre elle.

Le poids du bébé peut davantage être reçu par le corps maternel et le support situé derrière la mère plutôt que porté uniquement par les bras. Les épaules et les avant-bras peuvent ainsi se relâcher davantage.

Le terme « semi-allongée » ne signifie pas être affaissée. Cherchez surtout un soutien derrière le haut du dos, un soutien confortable de la tête si nécessaire, des épaules libres et un bébé suffisamment proche pour ne pas avoir à avancer le buste vers lui.

2. La Madone : attention au bébé placé trop bas

Le bébé est placé transversalement devant la mère et soutenu par le bras situé du même côté que le sein proposé. Elle peut être très confortable, mais elle possède un piège fréquent : porter le bébé avec l’avant-bras pendant toute la tétée.

Lorsque le bébé est légèrement trop bas, la mère compense souvent sans s’en rendre compte en remontant l’épaule.

La solution n’est pas de « penser à descendre l’épaule ». Il est plus efficace de remonter légèrement le bébé, placer un coussin sous l’avant-bras, utiliser l’accoudoir du fauteuil ou améliorer le soutien du dos.

On ne corrige pas une tension musculaire durable par la volonté. On cherche l’appui qui permet au muscle de ne plus avoir besoin de travailler.

3. La Madone inversée : guider sans bloquer

Dans la Madone inversée, le bébé est soutenu par le bras opposé au sein proposé. La main peut accompagner le haut du dos et la base du crâne du bébé.

Cette position peut être particulièrement utile au début de l’allaitement, car elle permet de guider plus précisément l’approche vers le sein. Mais attention à ne pas transformer le guidage en maintien rigide.

4. Le ballon de rugby : changer complètement les points d’appui

Le bébé se trouve sur le côté de la mère, son corps passant sous son bras. Cette position modifie complètement les sollicitations par rapport à la Madone.

Elle peut notamment être utilisée après une césarienne puisqu’elle permet d’éviter de placer directement le bébé contre la zone abdominale. Elle permet également de varier les appuis lorsque les épaules ou le dos commencent à fatiguer.

Le principal piège consiste encore une fois à porter le bébé avec le bras. Un coussin suffisamment stable doit permettre de supporter l’essentiel de son poids.

5. Allaiter allongée sur le côté : permettre au corps de récupérer

La mère et le bébé sont allongés face à face. Cette position peut être particulièrement confortable lorsque rester assise devient fatigant.

Pour le corps maternel, quelques détails changent beaucoup de choses : un oreiller adapté sous la tête, éventuellement un soutien derrière le dos, les jambes positionnées confortablement et aucun effort nécessaire pour maintenir le bébé à hauteur du sein.

Attention toutefois à distinguer la position utilisée pendant l’allaitement des recommandations concernant le sommeil du nourrisson. Pour dormir, le bébé doit être replacé sur le dos, dans son propre espace de sommeil, sur un matelas ferme et sans objet mou autour de lui.

Le coussin d’allaitement : un outil, pas une posture

Un coussin d’allaitement n’est ni indispensable ni automatiquement ergonomique. Tout dépend de ce qu’il permet.

Un coussin est utile s’il :

  • rapproche le bébé du sein ;

  • soutient son poids ;

  • permet aux épaules de descendre naturellement ;

  • offre un appui aux avant-bras ;

  • évite à la mère de se pencher.

Il devient contre-productif s’il :

  • place le bébé trop bas ;

  • éloigne le bébé du corps maternel ;

  • oblige à relever les épaules ;

  • impose à la mère une position fixe ;

  • glisse progressivement pendant la tétée.

Le bon coussin n’est donc pas forcément « un coussin d’allaitement ». Cela peut être un coussin classique, un oreiller, un accoudoir ou plusieurs petits supports placés aux endroits réellement nécessaires.

L’environnement doit s’adapter au corps, et non l’inverse.

Le scan corporel en 20 secondes

Une fois votre bébé installé, ne cherchez pas immédiatement à modifier votre posture. Faites simplement ce petit test.

  • Mon dos : est-ce que je peux m’appuyer quelque part ?

  • Mes épaules : puis-je les laisser retomber sans modifier la position de mon bébé ?

  • Mes bras : est-ce que je porte mon bébé ou est-ce qu’un support reçoit une partie de son poids ?

  • Ma tête : puis-je regarder devant moi et bouger légèrement la tête ?

  • Ma mâchoire : est-elle relâchée ou suis-je en train de serrer les dents ?

  • Ma respiration : puis-je inspirer et expirer librement sans sentir que ma posture me bloque ?

  • Mes jambes : mes pieds, mes jambes ou mon bassin ont-ils un appui confortable ?

Si plusieurs réponses sont négatives, ne cherchez pas forcément à « mieux vous tenir ». Cherchez plutôt ce qui pourrait être mieux soutenu.

Parfois, quelques centimètres de coussin ou une légère modification de l’inclinaison du fauteuil changent complètement la sensation.

Le regard : être avec son bébé sans rester penchée sur lui

Pendant une tétée, il est évidemment naturel de regarder son bébé. Mais regarder son enfant ne nécessite pas de conserver la tête penchée vers lui pendant vingt ou trente minutes.

On peut regarder son bébé, relever la tête, regarder autour de soi, revenir vers lui et changer légèrement de position. La posture reste ainsi vivante.

La meilleure posture est rarement une posture immobile.

Regard, respiration, disponibilité

Une installation confortable ne sert pas seulement à prévenir une douleur du dos. Lorsqu’une mère n’a plus besoin de penser en permanence « mon bras fatigue », « mon épaule tire », « j’ai mal au cou » ou « mon bébé glisse », une partie de son attention redevient disponible.

Elle peut alors davantage observer son enfant : son regard, les mouvements de ses mains, son rythme de succion, ses pauses, sa respiration et les petits ajustements de son corps.

La tétée n’est pas simplement une position à maintenir. C’est un moment dynamique où deux corps s’adaptent continuellement l’un à l’autre.

Confort, mobilité et disponibilité favorisent ainsi naturellement les échanges.

Faut-il changer régulièrement de position ?

Oui, et surtout il n’y a aucune raison de rechercher une position unique.

La répétition permanente du même geste ou du même appui est souvent plus problématique que la position elle-même. Alterner entre une position assise, semi-allongée ou allongée permet de faire varier les appuis, la position du bassin, la sollicitation des bras, l’orientation du cou et la position des épaules.

Le corps humain est fait pour bouger. Même lorsqu’on a trouvé une excellente installation, changer régulièrement de position reste intéressant.

Lorsque l’allaitement devient douloureux

Un inconfort du dos après être restée longtemps dans une même position n’a évidemment pas la même signification qu’une douleur importante du mamelon ou du sein.

Une douleur persistante pendant les tétées mérite d’être évaluée. Les douleurs et crevasses du mamelon peuvent être liées à des frottements anormaux : l’installation du bébé au sein doit alors être vérifiée.

Une sage-femme, un médecin, une puéricultrice ou une consultante en lactation IBCLC peut notamment observer la mise au sein, la prise du sein et l’efficacité de la succion.

Si la difficulté concerne surtout les cervicales, les épaules, le dos ou les inconforts liés aux positions répétées après l’accouchement, une évaluation spécifique de ces douleurs peut également être pertinente.

L’objectif n’est pas d’isoler une seule partie du problème mais de regarder l’ensemble du duo mère-bébé et son environnement.

Et si la difficulté ne venait pas uniquement de la posture ?

La position de la mère et celle du bébé sont importantes, mais elles ne constituent qu’une partie de l’allaitement.

La mobilité de la tête et du cou, l’ouverture de la bouche, la langue, la succion, la déglutition et la respiration interviennent également dans la manière dont un nourrisson s’organise pour téter.

Un bébé qui doit constamment tourner la tête, qui semble perdre régulièrement le sein, qui présente des difficultés de succion ou dont les tétées sont systématiquement douloureuses mérite donc une observation plus globale.

À retenir

Il n’existe pas une posture parfaite d’allaitement. Quelques principes simples sont beaucoup plus utiles :

  • Installez-vous avant d’installer votre bébé.

  • Amenez votre bébé vers le sein plutôt que votre corps vers le bébé.

  • Cherchez des appuis plutôt que de demander à vos muscles de maintenir la position.

  • Gardez le bébé proche de vous, soutenu mais libre de s’adapter.

  • Changez de position régulièrement.

Une bonne position est une position dans laquelle on peut respirer, bouger et relâcher ce qui n’a pas besoin de travailler.

C’est souvent lorsque le corps demande moins d’attention qu’il devient possible d’être davantage disponible pour son bébé.

Sources

 
 
 

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